73 % des PMO utilisent l’IA, mais peu pour anticiper les risques
Selon l’Observatoire PMO de Virage group, l’IA sert surtout à rédiger et à produire des rapports, alors que confidentialité et souveraineté freinent le reste.
En bref
- 73 % des responsables de portefeuilles de projets utilisent régulièrement l’IA, selon l’Observatoire PMO 2026.
- Moins d’un sur dix s’en sert pour anticiper les risques ou simuler des scénarios.
- Confidentialité (63 %) et souveraineté (52 %) pèsent plus que le coût (20 %).
- Le public et le privé divergent nettement sur la souveraineté et l’opportunité perçue.
Les responsables de portefeuilles de projets, les Project Management Officers (PMO), recourent massivement à l’IA, mais presque toujours pour économiser du temps sur des tâches d’écriture, très rarement pour voir venir les problèmes. Tel est l’enseignement de la deuxième édition de l’Observatoire des PMO, parue le 20 octobre 2026 chez Virage group, un éditeur d’outils destinés à piloter des portefeuilles de projets, et reprise par LeMondeInformatique.
Un outil de productivité individuelle
Les pratiques tournent autour du confort individuel, bien davantage que du soutien à la prise de décision : l’IA est d’abord employée pour automatiser la rédaction. Cette importance du reporting se confirme dans les perspectives, puisqu’environ un tiers des personnes interrogées y voient un changement majeur de leur métier dans les trois ans à venir, contre 12 % lors de l’édition 2025.
Des outils généralistes, peu d’IA intégrée
Copilot arrive en tête, mentionné par 66 % des répondants, avant ChatGPT (35 %) et Claude (29 %). Seuls 5 % se servent d’une IA embarquée dans leur outil de gestion de portefeuille, et 84 % ne lui confient ni la surveillance de leur portefeuille ni l’élaboration autonome de recommandations. L’évolution du simple résumé de documents vers un véritable appui au pilotage opérationnel demeure donc restreinte.

Les PMO n’aspirent pas non plus à tout déléguer : 63 % estiment que, lorsque l’incertitude règne, les arbitrages resteront d’abord le fait des humains. La qualité des données compte également. D’après l’article, des informations lacunaires, éparpillées ou mal organisées limitent l’aptitude des outils à fournir des résultats utilisables pour suivre les projets.
Ce qui freine : les données avant le budget
Les obstacles déclarés touchent moins au prix qu’à la maîtrise de l’information.
| Frein cité | Part des répondants |
|---|---|
| Confidentialité | 63 % |
| Enjeu de souveraineté | 52 % |
| Coût | 20 % |
| Résistance au changement | 8 % |
Public et privé, deux perceptions opposées
Les écarts entre secteurs sont marqués :
- Dans le secteur public, 77 % des PMO considèrent la souveraineté des données comme un blocage pour l’IA, contre 33 % dans le privé ;
- Côté public, 23 % des répondants y perçoivent une réelle chance pour leur métier, alors que ce chiffre atteint 61 % dans les sociétés privées.
Préparation et règles d’usage
Parmi les personnes interrogées, 34 % jugent leur préparation insuffisante face aux mutations de leur métier. Elles évoquent des besoins en formation, un manque de temps, l’appui de la hiérarchie et l’absence d’exemples d’usage concrets. Un encadrement existe pourtant dans une partie des structures : 55 % déclarent que l’IA y est permise sous des règles précises.
Selon Virage group, ces chiffres révèlent les limites d’une adoption orientée vers des bénéfices immédiats. L’éditeur considère que le défi consiste à aller au-delà de l’aide à la rédaction afin d’intégrer l’IA dans la conduite des projets, tout en veillant à la qualité des données, à leur protection et à la responsabilité humaine dans les décisions.
Photo : Thirdman / Pexels