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L’agent Gemini de Google Cloud prend en charge les objectifs

Google Cloud présente un agent qui planifie le travail et se connecte aux logiciels métier, encadré par un journal d’audit, un pare-feu dédié et un plafond de dépense.

Arthur Delorme Par Arthur Delorme
5 min de lecture
L’agent Gemini de Google Cloud prend en charge les objectifs
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Lors de l’événement Gemini at Work 2026, Google Cloud a présenté l’agent Gemini, un agent que l’entreprise décrit comme universel pour le travail. Le principe tient en une phrase : on lui confie un objectif à atteindre plutôt qu’une suite de consignes détaillées, et c’est à lui d’organiser la marche à suivre.

En bref

  • Le principe tient en une phrase : on lui confie un objectif à atteindre plutôt qu’une suite de consignes détaillées, et c’est à lui d’organiser la marche à suivre.
  • La finance et le juridique sont disponibles en préversion, tandis que le secteur public, la santé et le commerce de détail sont annoncés pour plus tard, sans date précise.
  • Pour les directions informatiques, l’intérêt se jugera donc sur pièces : la qualité des résultats sur des missions longues, la finesse des permissions et la lisibilité du suivi des dépenses.

Un objectif en entrée, un livrable en sortie

D’après l’annonce de Google, l’agent établit un plan, s’appuie sur des skills et des outils, se connecte aux systèmes métier des clients de Google Cloud, puis rapporte un résultat achevé. Ce résultat arrive là où les équipes travaillent déjà : dans les documents, dans la messagerie et dans les environnements de développement. Thomas Kurian, le dirigeant de Google Cloud, a résumé l’ambition en disant que le travail commence désormais dans la fenêtre de prompt.

Selon le Blog du Modérateur, qui a détaillé la keynote, une seule interface et une seule API couvrent aussi bien les recherches documentaires que les tâches de code. L’agent peut se connecter aux logiciels déjà en place, ainsi qu’à tout serveur MCP. Il tourne dans le cloud et conserve la même mémoire d’un canal à l’autre, que l’on passe par Microsoft 365 ou par Slack. Une mission qui s’étale sur plusieurs jours peut donc se poursuivre après la fermeture de l’ordinateur de celui qui l’a lancée.

Lorsqu’un travail se déroule en plusieurs étapes, l’agent engage des sous-agents temporaires, qui disposent chacun d’une identité propre. Le dispositif n’est pas lié à un seul modèle : il dirige chaque tâche vers des modèles Gemini ou vers des modèles Claude d’Anthropic, et d’autres modèles, propriétaires comme open source, doivent suivre.

Un collègue avec son propre compte Workspace

Dans Google Workspace, l’agent intervient directement dans les courriels et les documents. Il repère des tâches que l’on peut lui déléguer : lorsqu’un responsable réclame par message une présentation faisant le point sur un dossier, il suffit d’un clic pour confier la demande à Gemini.

Les équipes peuvent aussi créer un agent collègue en décrivant le rôle attendu. Il reçoit alors un compte Workspace complet, avec :

  • une adresse de messagerie dédiée, construite sur le modèle @agents.entreprise.com ;
  • une fiche dans l’annuaire de l’entreprise ;
  • la possibilité d’être mentionné dans le Chat ou dans un commentaire, comme n’importe quel salarié.

Ses modifications apparaissent sous son nom dans l’historique des versions, et il n’accède qu’aux contenus qu’on a partagés avec lui.

Google prévoit en outre des déclinaisons par secteur, avec des skills et des connecteurs propres. La finance et le juridique sont disponibles en préversion, tandis que le secteur public, la santé et le commerce de détail sont annoncés pour plus tard, sans date précise.

Gouvernance et budget, les deux conditions du déploiement

Dans son billet détaillé, Google Cloud pose que la réussite d’un programme d’agents en entreprise dépend de deux choses : pouvoir les gouverner et pouvoir les financer. La gouvernance se ramène à quatre questions : qui est l’agent, qu’a-t-il le droit de faire, qu’a-t-il fait, et à quoi ne doit-il jamais toucher.

Les réponses annoncées sont les suivantes. Chaque agent reçoit une identité attestée, gérée comme celle d’un employé, avec des permissions réduites au strict nécessaire. Chaque action est inscrite dans un journal d’audit au nom de l’agent plutôt qu’à celui d’une personne. Les agents s’exécutent dans un bac à sable doté de sa propre frontière réseau, et tout leur trafic passe par Agent Gateway, un pare-feu réseau pensé pour l’IA qui applique en temps réel les politiques de l’entreprise. Une règle s’écrit une fois, par exemple interdire l’ouverture des documents classés « Need to Know », puis s’applique à tous les agents sans contrôle individuel.

Côté coûts, Google rappelle que le prix du token a reculé de 98 % depuis 2024, tandis que la hausse massive des volumes alourdit les factures. Faire passer chaque petite boucle par un modèle haut de gamme mettrait vite les budgets en difficulté. Le choix automatique du modèle doit donc réserver les plus coûteux aux tâches qui le justifient. Les administrateurs peuvent aussi limiter la dépense de chaque projet depuis la console de facturation de Google Cloud : dès que la limite est atteinte, l’agent du projet s’arrête, et le travail reprend d’un clic. Comme le suivi se fait projet par projet, une entreprise peut répartir ces dépenses entre ses services.

Dans la continuité de Gemini Enterprise

Le Blog du Modérateur rappelle que Google a lancé Gemini Enterprise en octobre 2025. Cette plateforme, qui a absorbé Agentspace, fonctionne comme un catalogue : les entreprises y créent leurs agents sans code avec Agent Designer, ou choisissent parmi ceux conçus par Google et ses partenaires. L’agent Gemini part d’une autre idée, celle d’un point d’entrée unique qui orchestre le travail.

Plusieurs points restent à éclaircir. Selon le compte rendu du Blog du Modérateur, l’annonce ne donne ni prix ni date de disponibilité pour l’agent. Elle garde aussi le nom Gemini Enterprise pour les déploiements clients, sans dire où l’agent se situe dans cette offre, ni dans les forfaits Workspace. Pour les directions informatiques, l’intérêt se jugera donc sur pièces : la qualité des résultats sur des missions longues, la finesse des permissions et la lisibilité du suivi des dépenses.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Balticservers. Licence : CC BY-SA 3.0.

Arthur Delorme

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Arthur Delorme

Arthur Delorme est développeur de formation et a longtemps maintenu des outils internes pour une collectivité territoriale. Pour Assises du Numérique, il teste des outils et suit l'innovation numérique, en précisant ce qu'un logiciel coûte vraiment et ce qu'il demande comme temps de prise en main. Il répare lui-même ses vieux ordinateurs portables.